L' Etat soutient l'Outre-Mer

«L'unité de la République n'est pas l'uniformité de ses institutions.» C'est en réaffirmant cette conviction que Nicolas Sarkozy a détaillé vendredi, à l'Élysée, sa vision d'une nouvelle d'outre-mer .
Le chef de l'État a tiré les conclusions des États généraux de l'outre-mer et présenté les décisions prises lors d'un conseil interministériel inédit. Un catalogue de 137 propositions dont 71 mesures générales applicables à l'ensemble des territoires ultramarins a donc été arrêté par le président qui entend rénover la relation entre la métropole et l'outre-mer.
Le président a reconnu que ces propositions sont pour la plupart issues du «terrain». Il s'est félicité qu'une «dynamique se soit enclenchée» tout en reconnaissant que les débuts avaient été «difficiles».
Très satisfait du travail de sa secrétaire d'État, Marie-Luce Penchard, le président a décidé symboliquement de la promouvoir. Celle qui n'était encore avant l'été que conseillère technique à l'Élysée sera promue aujourd'hui ministre auprès du ministre de l'Intérieur.
Attendu sur le terrain du pouvoir d'achat et de la «lutte contre la vie chère», le gouvernement va durcir le droit de la concurrence en outre-mer.
Cohérent avec sa promesse de rompre avec la politique d'assistanat de ses prédécesseurs, Sarkozy propose d'y substituer un «développement économique endogène».
Pour cela, il veut libérer les contraintes qui pèsent sur les entreprises locales et encourager l'ouverture des échanges entre les îles et leurs pays voisins.
La diversification de l'agriculture devient une priorité et une enveloppe de 40 millions y est affectée. Des aides d'urgence seront débloquées pour le secteur hôtelier. Des «commissaires au développement endogène» seront créés pour décliner cette politique dans chaque territoire.
Si le principe de quotas d'emplois dans la fonction publique réservés aux ultramarins n'est pas retenu, le président entend assouplir les règles d'embauche pour les fonctionnaires de catégorie B et C. Pour les postes de chefs de service, la signature de la ministre de l'Outre-Mer sera exigée.
L'État se donne pour objectif de réduire «au moins de moitié» l'illettrisme chez les jeunes et les adultes. Une enveloppe financière spécifique - dont le montant n'est pas encore fixé - permettra de rattraper les retards en matière d'équipements scolaires à Mayotte et en Guyane.
Nicolas SARKOZY a redit, vendredi, son souhait de faire de l'outre-mer la «vitrine de l'excellence française en matière environnementale». L'État va augmenter de 20 % les tarifs de rachat des énergies propres outre-mer qu'il s'agisse de géothermie, de biomasse ou d'énergie marine ou solaire.
Sans surprise, le chef de l'État a confirmé que les Martiniquais et les Guyanais seront consultés, en janvier prochain, par référendum pour savoir s'ils veulent l'autonomie. Mais Sarkozy a averti qu'il s'agissait seulement de définir le «degré d'autonomie de la Martinique et de la Guyane dans la République, et non celle de l'indépendance». Pas mécontent d'avoir répondu à une partie des revendications ultramarines, il a conclu son discours en annonçant que «2011 serait l'année de l'outre-mer».
Le Président de la République a montré une fois de plus qu'il ne laisse aucun sujet ni aucune personne de côté.
Les Jeunes Populaires du Doubs félicitent le président, la ministre de l'Outre-Mer pour leur dynamisme, leur volontarisme et leur courage pour les sujets qui touchent nos amis ultra-marins.
Baptiste SERENA